Partie 1 - L'Europe un théâtre majeur des guerres totales [1914-1945]

Chapitre 3 - La Deuxième Guerre mondiale, une guerre d'anéantissement

En quoi la Seconde Guerre mondiale peut-elle être considérée comme une guerre d'anéantissement ? 

I. Un affrontement aux dimensions planétaires.

A. 1939-1941, l'expansion rapide de l'Axe.
     Le 27 septembre 1940, l’Allemagne, l’Italie et le Japon signe un pacte militaire : c’est le pacte tripartite formant les pays de l’Axe. Entre 1939 et 1941, ils réalisent une expansion rapide reposant sur une « blitzkrieg » ou guerre-éclair.
     L’invasion de la Pologne le 1er septembre 1939 pousse le Royaume-Uni et la France à déclarer la guerre à l’Allemagne. Mais, la supériorité militaire allemande écrase rapidement la Pologne et ne permet pas de contrer sa grande offensive sur le front Ouest en mai 1940.  Tandis que le Royaume-Uni résiste aux bombardements allemands, la France est défaite et signe un armistice le 22 juin 1940.
     A l’Est, malgré la signature du pacte germano-soviétique le 23 août 1939, l’Allemagne envahit l’URSS le 22 juin 1941 qui parvient à stabiliser le front sur une ligne s’étendant de Léningrad à Stalingrad
B. 1941, le conflit devient planétaire.
     Profitant des victoires de son allié allemand en Europe, le Japon envahit dans un premier temps les côtes russes, chinoises et indonésiennes. Elle poursuit ensuite sa conquête du sud-pacifique pour exploiter les ressources naturelles de ces territoires. Le 7 décembre 1941, le Japon attaque la base navale américaine de Pearl Harbor : les Etats-Unis entrent alors en guerre et le conflit devient mondial. Ils créent, avec tous les pays en guerre contre l’Axe, une Grande Alliance mettant à leur disposition leur puissance économique et militaire permettant d’arrêter l’expansion de l’Axe dès 1942.
C. 1942-1945, la libération et la victoire des Alliés.
     En Afrique du Nord, les troupes allemandes de Rommel basées en Egypte sont vaincues par les britanniques en octobre 1942 à El Alamein, permettant aux Alliés de réaliser un premier débarquement au Maroc et en Algérie en novembre 1942.  Ils rejoignent ensuite le continent européen en réalisant un second débarquement en Sicile en juillet 1943.
     Parallèlement à l’Est de l’Europe, les troupes allemandes connaissent leur plus grande défaite à Stalingrad le 2 février 1943. L’armée rouge entreprend alors la reconquête de l’Europe de l’Est et atteint Berlin en avril 1945.
     En Europe de l’Ouest, les Alliés entreprennent une reconquête des territoires en réalisant successivement deux débarquements : l’un le 6 juin 1944 en Normandie, et l’autre le 15 août 1944 en Provence. Ils rejoignent l’armée rouge à Berlin et font capituler le Troisième Reich le 8 mai 1945.
     Dans le Pacifique, les américains parviennent à remporter deux grandes victoires à Midway en juin 1942 et à Guadalcanal en février 1943. Cependant, l’acharnement des Japonais pousse le Président Truman à accélérer leur défaite en utilisant une toute nouvelle arme : la bombe atomique lancée sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945. Face à ces destructions, le Japon capitule le 2 septembre 1945 : c’est la fin de la Seconde Guerre mondiale.
II. Une guerre d'anéantissement aux enjeux idéologiques racistes et nationaux.
A. L'exemple de la bataille de Stalingrad.


Stalingrad se situe sur le bord de la Volga en Russie. En 1942, Hitler décide de prendre la ville pour atteindre le fleuve et accéder au pétrole du Caucase.
La ville est investie par les Allemands le 19 août 1942. Les combats sont d’une extrême violence. Les Russes sont soutenus par l’artillerie et l’aviation dont les bases sont situées sur la rive Est de la Volga. Contrairement aux Allemands, ils reçoivent des renforts et de l’alimentation par bateau.
A partir du 19 novembre 1942, les troupes soviétiques parviennent à encercler la ville et à entamer sa reconquête. Les Allemands résistent jusqu’en février 1943, mais l’absence de renforts et le manque de nourriture les affaiblissent. Malgré les ordres d’Hitler, le maréchal Paulus, qui est à l’origine de l’invasion de l’URSS avec le plan Barbarossa, décide de capituler le 2 février 1943.
La bataille de Stalingrad est catastrophique pour les Russes : plus d’un million de morts et de blessés ainsi que de nombreuses pertes de matériels. Néanmoins, si le bilan de la bataille est moindre pour l’Allemagne, reste qu’elle atteint très fortement le moral des troupes allemandes sur le front de l’Est. Les soldats ne comprennent pas pourquoi le Reich ne les a pas soutenus.

B. Une guerre aux idéologies racistes et nationales.

La création de la « Grande Allemagne » par les nazis se fait aux dépens des autres peuples. Les juifs, les communistes et les slaves apparaissent comme inférieurs aux nazis et sont soumis à une mort certaine et inhumaine.
L’extension de « l’espace vital » allemand est réalisé en s’accaparant toutes les ressources disponibles des pays conquis et occupés au détriment des populations, qui sont soumises à de fortes pénuries conduisant à la mise en place de rationnements drastiques.

C. Une guerre d'anéantissement.

La Seconde Guerre mondiale est la guerre la plus destructrice de l’Histoire :
Sur le plan matériel, des milliers de villes sont en ruines suite aux combats et aux bombardements : les usines, les infrastructures de transport et l’habitat sont détruits.
Sur le plan humain, la guerre est un véritable désastre. 50 millions d’hommes dont 75% d’européens sont morts durant le conflit. Parmi eux, les civils représentent la moitié des décès : ils ont été victimes de sous-nutrition, des bombardements, des déportations, des massacres et des génocides.
Enfin, le bilan moral et psychologique de la guerre est lourd. Les survivants sont choqués et effrayés de découvrir les massacres des camps d’extermination. Ils craignent également les effets destructeurs de la bombe atomique.

Guerre d’anéantissement : guerre qui a pour objectif  de détruire l’adversaire, sans distinction entre civils et militaires.

III. Le Génocide des Juifs et des Tziganes.
A. Un crime contre l'Humanité.

Le génocide des Juifs et des Tziganes a été décidé par Hitler lors de la conférence de Wannsee en janvier 1942. Le ministre de l’intérieur et chef de la SS, Heinrich Himmler, est alors chargé d’organiser et de réaliser cette « solution finale ».
Génocide : extermination volontaire et systématique d’une population considérée comme indésirable à cause de ses origines ou de sa religion.
Solution finale : expression des nazis pour désigner le génocide des populations.
Shoah : « catastrophe » en hébreu. Désigne le génocide des Juifs sous la Deuxième Guerre mondiale.
Samudaripen : « Tuez-les-tous » en roman. Désigne le génocide des Tziganes sous la Deuxième Guerre mondiale.

A la fin de la guerre, les Alliés entreprennent la dénazification de l’Allemagne et jugent les chefs nazis à Nuremberg entre 1945 et 1948 pour crime contre l’humanité.
Crime contre l’humanité : définit en 1945 lors du procès de Nuremberg, ce chef d’accusation punit l’assassinat, l’extermination, l’asservissement, la déportation et tout acte commis contre toute population civile pour des motifs politiques, raciaux ou religieux ».

B. Les massacres des Einsatzgruppen.

Les Einsatzgruppen sont des groupes d’intervention SS chargés de tuer les communistes, les Tziganes et les Juifs. Il y a 4 groupes composés chacun de 600 à 1000 hommes qui suivent la Wehrmacht à l’Est de l’Europe.
Aidés par des auxiliaires locaux (Lituaniens, Ukrainiens…), les Einsatzgruppen regroupent les Juifs à l’écart de la population, puis ils les massacrent. Les victimes sont fusillées ou tuées d’une balle dans la tête dans des fossés recouvert de terre pour ne laisser aucune trace.
La création des Einsatzgruppen en 1941 révèle que ces massacres constituent un véritable génocide planifié par l’Etat allemand. Il s’agit d’une extermination de masse visant la totalité de la population juive, y compris les femmes et les enfants. Bien que peu nombreux, les Einsatzgruppen firent des milliers de victimes en quelques mois : en Lituanie, le groupe d’intervention, composé de 990 hommes, massacra plus de 133 000 personnes en 5 mois.

C. L'extermination des Juifs et des Tziganes.

Le camp d’Auschwitz-Birkenau se situe au sud de la Pologne. Il fonctionna de mai 1940 à janvier 1945 en ne cessant de s’agrandir et de se perfectionner pour exterminer le maximum de personnes. Ce camp est composé à la fois d’un camp de concentration pour les déportés politiques et les résistants et d’un camp d’extermination pour les populations dîtes inférieures (Juifs, Tziganes, Slaves…). On estime aujourd’hui qu’entre 2 et 4 millions de personnes sont mortes dans le complexe concentrationnaire d’Auschwitz-Birkenau.
Le camp de Treblinka était situé dans la partie polonaise du Grand Reich. Il fonctionna de juillet 1942 à août 1943. Il fut détruit par les SS suite à ses nombreux disfonctionnements et à la fin de l’extermination des Juifs dans cette partie du Reich. D’une faible superficie, le camp de Treblinka n’était destiné qu’à l’extermination des Juifs, et plus précisément ceux provenant des ghettos polonais situés à proximité. Plus de 870 000 personnes ont été tuées à Treblinka alors que le camp ne fonctionnait qu’avec moins de 250 SS et quelques centaines de déportés juifs.
La population était déportée dans ces camps par train. A leur arrivée, les personnes devaient abandonner leurs biens puis se déshabiller pour être conduits vers les chambres à gaz. Seuls les hommes valides et quelques femmes étaient sélectionnés par les SS pour travailler dans le camp : triage des bagages et vêtements expédiés vers l’Allemagne, fonctionnement des chambres à gaz et gestion des cadavres. Travaillant jusqu’à épuisement, cette population était ensuite exterminée à son tour.
Ghetto : quartier isolé du reste de la ville par des barbelés et des gardes dans lequel les nazis rassemblent les juifs.
Conclusion.

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