Partie 2 - Pourquoi et comment aménager le territoire ? 

Chapitre 2 – Les territoires ultra-marins français : une problématique spécifique.

 

Comment les particularités des territoires ultramarins nécessitent-ils des aménagements spécifiques ?

 
I. Les territoires ultramarins français.

A. La France, deuxième puissance maritime mondiale.

Les territoires ultramarins sont situés sur les principaux océans  assurant ainsi à la France une présence sur l’ensemble de la planète. Ces territoires sont situés en zone intertropicale, à l’exception des TAAF qui bordent le cercle antarctique
Ces territoires permettent à la France d’être la deuxième puissance maritime mondiale car chacun dispose d’une Zone Economique Exclusive.
ZEE : espace maritime dont un Etat peut exploiter les ressources. Une ZEE s’étend entre 370 et 648 km du littoral. 

B. Entre unité et diversité.

Les territoires ultramarins de la zone intertropicale, à l’exception de la Guyane, se présentent sous forme de petites îles ayant des caractéristiques communes :

  • Une forte insularité (isolement) caractérisée par leur éloignement avec la métropole.
  • Des paysages forestiers, montagneux et volcaniques, hostiles à la présence humaine.
  • Une biodiversité très riche.
  • Une concentration des populations sur les littoraux abrités des aléas climatiques intertropicales.
  • Peu de centres économiques majeurs et de grands foyers de populations.
  • Des rapports économiques davantage tournés vers la métropole plutôt que vers les pays voisins.
  • Une économie orientée sur l’agriculture et le tourisme.

Ces territoires demeurent attractifs car ils bénéficient de flux financiers provenant de la métropole et de l’Union Européenne. Leur niveau économique contraste avec celui de leur voisin et attirent de nombreux flux migratoires.
Toutefois, ces territoires sont également très différents : ils possèdent de nombreux statuts, parmi lesquels dominent les Collectivités d’outremer puis les Départements et les régions d’outremer, et sont plus ou moins bien intégrés à leur espace régional.
Discontinuïté géographique : rupture géographique d’un territoire liée à son isolement (distance, paysage).
COM : territoires regroupant plusieurs types de collectivités territoriales spécifiques dont les Territoires d’Outre-Mer.
DROM : collectivités territoriales d’outre-mer appliquant les lois et règlements spécifiques aux départements et aux régions métropolitaines.


II. Des aménagements pour répondre à des besoins spécifiques.

A. L'exemple du pont d'Oyapock entre le Brésil et la Guyane.

Souhaité par les présidents Jacques Chirac et Fernando Henrique Cardoso, la construction du Pont d’Oyapock s’étend de 2009 à 2011. Cet ouvrage doit permettre de développer des liens économiques entre la France et le Brésil, mais aussi entre l’Union Européenne et le Mercosur. Ce n’est que le 18 mars 2017 que ce pont a été ouvert à la population suite aux désaccords politiques et économiques entre les deux pays.
L’exemple de ce pont montre que si les territoires ultramarins français tissent des liens privilégiés avec la métropole, ils ont encore beaucoup de difficultés à s’intégrer pleinement à leur espace régional.
Mercosur : marché économique de l’Amérique du Sud. 

B. L'aménagement de la route littoral de l'ïle de la Réunion.

La région de l’île de La Réunion a décidé de construire une nouvelle route littorale afin de ne plus faire subir à sa population les fermetures répétitives de la route actuelle résultant de la chute des falaises et de la saturation du réseau routier. Mais, cette construction débutée fin 2013, et qui devrait s’achever en 2020, ne fait pas l’unanimité. Son prix de 1,6 milliard d’euros financés par l’Etat (49%), la Région (42%) et l’Union Européenne (9%), prive la population de l’amélioration de ses services actuels (écoles, transports en commun) ou de la construction de voies ferrées inexistantes sur l’île. De plus, le Viaduc risque de détruire la biodiversité du littoral qui est pourtant classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Conclusion.